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Sep 04, 2010 - 11:40 AM
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Malfini Forum
Nouvelles d'Haiti
Oea-Caraibe : Le défi électoral
Délégation APP/UE : Haïti doit rester une priorité Haiti-Droits humains : La prison civile de Croix-des-Bouquets opérationnelle en décembre prochain Haïti-Etats-Unis/Agriculture : Formation de paysans « chargés de diffuser les pratiques agricoles modernes » Haïti-Météo : Retour au calme, avec tout de même des possibilités de pluies et d'orages isolés Haiti-France-Litttérature : L'écrivain Louis-Philippe Dalembert nommé Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France Haiti-Justice-Police : Soulagement après la libération du policier Jules Wanceau Haiti-Droits humains : Michel Forst attendu à Port-au-Prince Haïti-Collectivités territoriales : Vers une harmonisation des activités du MICT Haïti-Météo : « Earl » et « Fiona » s'écartent définitivement des côtes haïtiennes, tandis que « Gaston » entre en scène Top News: World
Curfew declared after 7.1 quake hits New Zealand
Taxpayers likely to face initial loss on GM IPO: sources Obama to address new economic ideas next Wednesday Crime adds to misery for Pakistan's flood victims Weakened storm Earl bears down on Atlantic Canada Mexican judge orders drug lord held 40 more days German held by U.S. troops planned Europe attacks: report Bomb kills 54 in Pakistan, Taliban threatens U.S. Government says no leaking oil at Mariner platform BP replaces failed blowout preventer on Gulf well
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:Nos différents fratricides et meurtriers nous affaiblissent. Nous devons changer nos propres attitudes et assumer nos responsabilités pour sauver Haiti.--
Nous vivons une époque critique dans notre existence de peuple. Notre pays souffre d’hémorragie, il perd de son sang. Haïti est devenu une gêne pour ses voisins et un fardeau pour ses alliés. Nous sommes en chute libre comme un avion en détresse qui observe impassiblement ses passagers se parachuter en catastrophe. En effet, pendant cette dernière décennie l’exode vers les pays étrangers a dépassé de loin ce qu’il a été durant les années soixante. Aujourd’hui La situation est plus qu’alarmante, elle est épouvantable, même le sourd amblyope est capable de se faire une opinion à cause de l’odeur fétide qui s’en dégage. Autrefois, les haïtiens de familles aisées avaient l’habitude de se rendre en Europe, particulièrement en France pour poursuivre leurs études supérieures. D’autres, en quête d’opportunités, se dirigeaient de préférence aux Canada et les pays francophones d’Afrique au lieu d’immigrer aux Etats-Unis. La raison principale était sans doute une authentique interdépendance culturelle et politique vis-à-vis de la francophonie, mêlée d’un sentiment d’appartenance pluridimensionnelle. Vers la fin des années soixante, environ quatre milliers d’haïtiens émigraient annuellement. Ce nombre était reparti entre la France, le Canada, la Belgique; et certains professionnels munis de contrat de travail s’installaient dans de vieilles colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. Malgré la proximité d’Access des Etats-Unis et le boom économique de la société américaine d’alors, seulement quelques centaines d’haïtiens s’y établissaient, et près de trois milliers d’autres faisaient le va et vient ; ils étaient visiteurs, étudiants, ou hommes d’affaires. Les conjonctures ont cependant changées vers la fin des années soixante-dix et particulièrement durant les années quatre-vingt, lorsque nos compatriotes ont réalisés que les solutions à leurs indomptables problèmes économiques étaient et sont encore cachées derrières les enceintes océaniques de la Floride, et ont conséquemment décidé, de la même manière que les colons européens ont pris d’assaut Hispaniola, d’aller à la conquête d’opportunités au sud des Etats-Unis. Toutefois la traversée était et est encore incertaine et périlleuse ; de plus l’accueil qu’ils reçoivent poignarde nos cœurs. Des milliers de nos concitoyens ont payé de leur vie leur singulière évasion de la misère, de l’insécurité et des conditions inhumaines. Cet afflux d’haïtiens illégaux (les sans papiers ou sans souliers) et la forte présence d’autres illégaux de l’Amérique latine durant les années quatre-vingt, aux Etats-Unis, a mis le gouvernement fédéral de la république étoilée dans ses petits souliers. Les pressions des organisations locales et internationales de droits humains se multipliaient, et finalement le Président Reagan signa en 1986 le « Immigration Reform and Control Act of 1986 » et subséquemment des milliers d’haïtiens ont pu recevoir leurs cartes vertes (résidence). Plus tard le 21 Octobre 1998, le gouvernement américain fut obligé de signer une nouvelle loi en faveur des haïtiens « the Haitian Refugee Immigration Fairness Act » permettant à près 50000 illégaux haïtiens de devenir détenteurs de la précieuse carte de résidence. Ainsi les Etats-Unis sont devenus le pays du globe hébergeant le plus grand nombre d’haïtiens de naissance, vivant en dehors d’Haïti. Selon le bureau américain des recensements, en l’an 2000 il y avait 419,317 d’haïtiens de naissance aux Etats-Unis. Les cinq états à plus forte concentration d’haïtiens sont, selon ces études, la Floride (182,224) et New York (125,475), suivis de Massachusetts (33,862), New Jersey (31,963) et l’état de Connecticut (7,902). Ces cinq états représentent entre eux 91% des haïtiens nés en Haïti vivant aux Etats-Unis. Depuis les derniers recensements les nombres ont certainement augmentés car chaque jour des centaines de compatriotes arrivent malgré eux dans les différents ports des Etats-Unis munis d’un visa quelconque. Toutefois un nombre incertain arrive à débarquer clandestinement après avoir bravé les tumultes de la mer et trompé la vigilance des navires et hélicoptères intercepteurs des garde-côtes américains. Depuis les années quatre-vingts, des milliers d’haïtiens tentent , régulièrement, de fuir Haïti par voie maritime dans des embarquements de fortune. Quoique certains de ces voyageurs clandestins échouent parfois dans d’autres îles voisines, leur objectif premier demeure les Etats-Unis. Cependant très peu arrivent à destination, un grand nombre périt en mer et la majorité est refoulée de force en Haïti par les garde-côtes américains, après les avoir intercepté en plein milieu de la mer, souvent en détresse. Des centaines d’autres, plus démunis, choisissent l’humiliation dans les « bateys » de la République Dominicaine au lieu de succomber sous le poids du dénuement sur le sol national. Il est indéniable que beaucoup de nos compatriotes vivent avec les yeux fixés au-delà des frontières d’Haïti. Laisser le pays reste leur seul espoir. Ils n’ont pas peur d’affronter l’inconnu car leur existence n’est qu’une circonvolution du néant. Un minuscule group résiste à partir parce qu’ils ont peur de faire face à l’accablante ambiguïté des premiers mois en terre étrangère. Ils ont pour la pluspart allé tester le terrain et ont compris qu’ils ne sont pas parés pour une vie aussi mécanique que celle des américains. Ces gens là ont beaucoup à perdre : leur travail, leur business, leurs maisons, et leur statut social. Ils retardent l’exile volontaire autant que possible, jusqu’au moment ou le pire s’avère imminent. La réalité est que plus de la moitie de la population haïtienne videraient les lieux si les conditions de départ étaient moins difficiles. Comment sommes nous arrivés à ce point ? Je refuse de mettre la charge sur le dos des blancs. De nombreux pays de la caraïbe et de l’Amérique latine ont connu pire que nous. Ils sont restés sous les ergots des oppresseurs longtemps après notre sublime déclaration d’indépendance. Aujourd’hui ils se débrouillent … assez bien, de toute façon beaucoup mieux que nous. Traversons seulement la frontière voisine et observons l’espace immédiat dans les limites de la vue sans nous rendre à la capitale, il y a de quoi nous étonner. Les dominicains étaient sous notre tutelle pendant plus de trois décennies, ils doivent certainement nous haïr d’avoir retardé leur rendez-vous avec le progrès. Nous, haïtiens, avons difficultés à reconnaître nos erreurs. Nous, haïtiens, disons « ce n’est pas ma faute » au lieu de « je suis désolé ». Nous faisons la merde et nous la déposons devant la barrière du voisin arrogamment. Il nous faut d’abord apprendre à devenir responsable de nos actes afin de les corriger et avancer vers le développement avec la tête haute. Progresser c’est simplement éviter de répéter les mêmes erreurs. Malgré le nombre imposant d’haïtiens en Amérique nous sommes une communauté négligée, nous sommes très mal organisés en tant qu'une entité sociale. Il est difficile de comprendre que nous avons traversé l’océan transportant avec nous nos différents fratricides et meurtriers et nous les continuions dans la société américaine comme si c’est normal. Les autres nous regardent en tant que peuple en quête d’identité. Nous sommes tellement désorganisés que les autres n’ont aucun scrupule quant à piétiner nos droits en tant que personnes. Nos différents nous affaiblissent. Nous comptons tellement sur les autres que nous voulons leur ressembler à tout prix, en déniant notre origine quelque fois. En agissant ainsi nous perdons l’estime et le respect que nos voisins nous ont toujours enviés. Il est important que nous conservions hardiment et orgueilleusement notre identité d’haïtiens, il est aussi important de la passer à la postérité future. Quand nos enfants réalisent que nous avons honte de notre identité de peuple, ils ne voudront pas s’en associée, ils n’en parleront même pas. Nous devons nous rappeler que nous sommes simplement de passage dans les pays hospitaliers, tout en étant reconnaissant envers eux. Un jour viendra où tous nous aurons le besoin et l’intérêt de retourner chez nous. L’histoire est jalonnée de nations qui ont passé des années en dehors de leur patries et y sont retournées fièrement. Il est de notre responsabilité de bâtir l’avenir d’Haïti. En 1804 nos ancêtres ont réalisés l’irréalisable, mais c’est la seule chose que nous avons réalisée, depuis nous ne faisons que des erreurs et continuions de les répéter. Notre titre de première république noire ne peut plus nous servir de bouclier, il ne nous a jamais servi à rien d’ailleurs. Nous nous haïssons, déchirons, exterminons parce que nous ne voulons pas collaborer les uns avec les autres. Notre intérêt personnel est tout ce qui compte et le monde doit graviter autour de nous. Nous n’acceptons pas les idées contraires. Nous faisons la politique pour devenir riches ou plus riches à la place de l’autre, sans avoir aucun programme substantiel. Les coups de bats font parties de notre quotidien à tous les niveaux. Notre politique de prédilection est « ôtes toi que je m’y mette ». L’excuse des blancs ne tient plus. Nous devons changer nos propres attitudes et assumer les responsabilités de nos actions et cesser d’être mesquins, alors seulement l’hémorragie haïtienne s’arrêtera. Romel New York, 28 Mars 2007
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